Live Report : LiSA LiVE is Smile Always〜15〜 Zenith de Paris
Auteur : Kenseiden
Date du concert : 20/09/2026

LiSA : un premier concert en France et une rencontre avec ses fans.
C’est un rêve qu’ont vécu les fans de la reine de la pâte à tartiner lorsque sa tournée européenne fut annoncée, il y a de cela quelques mois, mais également un cauchemar pour tous les parents et grands-parents qui ont acheté les billets en pensant offrir un concert de l’ex-toujours membre des BLACKPINK.
Nul ne saura si cela a contribué à écouler les billets si rapidement. L'ensemble des places mises en vente "day one" étant épuisé dans l'heure. Mais quoi qu’il en soit, la coquille du Zénith était bien pleine à craquer ce soir du 20 septembre. Et quoi de plus beau pour fêter l’arrivée de l’automne qu’une forêt de light sticks rouges, roses et orange recouvrant la salle, de la fosse jusqu’au dernier rang ?
Les couleurs flashy qu’apprécie tant Lisa seront le fil conducteur d’un concert de deux heures sans temps mort.
Le meilleur de ses 15 ans de carrière en un concert

En territoire conquis, LiSA fait son apparition sous une standing ovation et met immédiatement le feu avec les titres de son dernier album. Très orienté ska, les cuivres (synthétiques) du bien nommé DECOTORA15 donnent immédiatement le ton d'une tournée anniversaire pour ses 15 ans de carrière. Le clip en toile de fond, éclaté de couleurs vives, nous initie un concert festif remède à la morosité ambiante.
Mais ces projections sont aussi la prémisse d’une déception qui se confirmera sur le deuxième titre. Datte Atashi no Hero, l’ending de My Hero Academia de 2017, réchauffe le cœur des fans de l’anime, mais les images projetées derrière la star frôlent le scandale pour le fan. Elles sont là pour mettre en valeur le produit culturel numéro 1 du Japon, les animes, mais pas du tout l’égérie de Nutella (LiSA).
Quand l’énergie de LiSA finit par faire oublier la frustration
Alors qu’on avait "tant de bons moments à partager" , la majorité des spectateurs ne verra quasiment pas le visage ou les détails des très étudiées tenues de LiSA. Pas de caméra suiveuse, et donc pas de cadrage sur les passages les plus emblématiques vocalement. Grosse déception du concert pour moi et pour les nombreux spectateurs qui n’avaient pas accès à la fosse. Ça nous apprendra à se précipiter sur les places dès l'ouverture de la billetterie. Surtout que la fosse était très accessible pour un début de file d'attente à 16h00.

C'est donc quand la rage au cœur est au plus haut pour le fan que LiSA choisit de saluer la salle. Avec, vous imaginez, l’énergie que l’on connaît, emportée par l’élan, elle tente de saluer chaque zone en essayant de prononcer « fosse » et « gradins » de manière aussi maladroite que mignonne, faisant redescendre toute la tension des spectateurs bougons.
Puis Catch the Moment entame son intro, prémisse d’une série de tubes qui ne s’arrêtera plus. Bien que les chants de la foule ont du mal à couvrir le son perfectible sortant des enceintes, LiSA laisse crier le gimmick à ses dévots, sans que celui-ci ne parvienne jusqu'aux oreilles des gradins.
Malgré la faible popularité de Sword Art Online en France par rapport à nos voisins, nous assistons malgré tout à une symbiose entre la Queen et son public. Fate/Zero ayant encore moins de rayonnement auprès des ados et jeunes adultes, oath sign, qui suivra, permet tout de même de voir toute l'évolution du style de LiSA en quinze ans.
Très ancrée dans l’anisong des années 2010, ces premiers titres font vibrer le vieux cinquantenaire que je suis. La transition avec SWEET MAGIC, sorti en 2026, n’en est que plus forte et m’a immédiatement donné envie de m'en retartiner une tranche.
Du rouge partout, un cœur immense en fond d’écran, on croirait être en face d'un un pot en édition limitée pour la Saint Valentin, mais quelque soit la quantité d'amour déversé à l'écran, rien ne remplace une prestation filmée.
De Sailor Moon à Kimetsu no Yaiba
Mais c’est alors que vient l’ovni de la soirée, me replongeant dans le pire, ou les meilleurs, moments des conventions : la cover youtubeuse numéro un, Moonlight Legend.
Un interlude à la hauteur de la voix de la Queen, mais sans ambition scénique, montrant finalement que le but était peut-être de faire plaisir aux Européens fans de Sailor Moon, même si elle aurait peut-être dû se renseigner sur l’impact de la série en France.
Et maintenant qu’elle nous a fait nous envoler vers la Lune, elle se dit qu'elle peut tout se permettre et nous on attend que ça.
Comme cette descente dans la fosse pour chercher une fan française qui n’en demandait pas tant. DOCTOR est l’occasion de faire un show la montrant tourner autour de sa victime, en jouant la harceleuse. Mais c’est surtout, pour la majorité des spectateurs, l’occasion de la voir enfin filmée en chantant.

Seule utilisation de la caméra avec la poursuite dans le public qui viendra un peu plus tard, le jeu de scène est travaillé, mais provoque toujours de la frustration, ne pouvant pas fixer du regard ses performances vocales. On se plaît alors à imaginer le reste du concert filmé et projeté… mais il n’en fut rien.
Puis, après un court interlude, LiSA revêt un kimono et là, impossible de se tromper et tout le monde l'avait compris : elle s'apprête à enchaîner les tubes issus de Kimetsu no Yaiba (Demon Slayer). La salle est alors en transe.
Le ENCORE de LiSA fait vibrer le Zénith de Paris
Akeboshi, Shine in the Cruel Night, où la performance vocale est incroyable, et bien sûr Homura, repris en chœur par le public, aidé par des romaji bienvenus.

Le tout accompagné d’une mise en scène impeccable nous plongeant dans l’univers de l’anime. Point d’orgue, certainement, de la soirée… mais pas point final.
Hello, World!, morceau plus doux et touchant, est tout aussi repris en chœur. Et comment aurait-il pu en être autrement, rappelant tellement que LiSA excelle dans les chansons folk, guitare en appui.
Mais l’ensemble de ses anison a également un petit quelque chose en plus qui les démarque de la profusion du genre et on appréciera autant l’électro que le rock des récentes collaborations de NieR:Automata, Spider-Man ou Shangri-La Frontier.
Chacune permet d’enchaîner les couleurs des light sticks, avec un très bel effet bleu et rouge pour Spider-Man, ou rouge et vert pour QUEEN, nous rappelant que le show est aussi dans la salle.
Ce soir-là, le Zénith n’avait rien à envier aux salles japonaises et LiSA l’a bien senti. ADAMAS ou ReawakeR enflamment à nouveau la coquille déjà chaude bouillante, et cela sans la présence de Félix que la fosse ne semble pas regretter.
On termine alors en apothéose avec Gurenge, que tout le monde attendait et qui fait enfin se lever le dernier rang, ou presque.
Romaji à l’appui, chacun reprend en chœur le titre qui l’a fait connaître à l’international et l’associera pour toujours à Kimetsu no Yaiba (Demon Slayer) et à la pop-culture japonaise.
Enchaînant les tenues et les costumes, cette première partie du show est anthologique pour nous, pauvres Français peu habitués à une telle célébration de l’anison.
Mais LiSA réserve une dernière surprise à ses fans.

Lors d’un rappel savamment orchestré, elle fait revêtir le bob Ichigo et oblige ses musiciens à entamer une danse bon odori, pour préparer le très joyeux et très MAISONdes Azuki arai.
Ambiance matsuri d’été, dansé par la salle surchauffée qui espère encore une demi-heure de show.
Mais toute bonne chose a une fin et, après un Patch Walk qui maintient la flamme, les premières notes de Crossing field annonce un sayonara venu bien trop vite.
Deux heures de show tout de même, où LiSA aurait bien voulu communiquer davantage dans la langue de son public d'un soir. Elle a certainement donné plus que ce qu’on attendait, jouant avec lui, criant un « hontoni arigatou » sans fin dans les dernières minutes d'adieu, et partageant plusieurs fois avec ses musiciens et nous le trop entendu Seven Nation Army.
Mais ici, ça passe, car on sentait la joie de l'équipe de partager certaines traditions occidentales que l'on ne voit pas si souvent en tournée japonaise. Comme ces chants de stade de foot hors sujet dans l'anison ou ces forêts de smartphones qui bouchent la vue des places VIP.
Du point de vue du public comme de l’équipe japonaise, cette soirée et l’ensemble de la tournée européenne est une réussite. Condition essentielle à un retour qui, annoncé comme une promesse par LiSA, n’attendra pas quinze ans.
LiSA - Live Is Smile Always ~15~ Europe & Uk Tour 2026 au Zénith Paris - La Villette le 20 septembre 2026.
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